La pièce de théâtre

– La compagnie des Hommes –

Délaissant un parcours d’acteur qui ne le satisfaisait plus, Didier Ruiz crée La compagnie des Hommes en 1998 et commence un travail de mise en scène avec de L’Amour en toutes Lettres, questions sur la sexualité à l’Abbé Viollet 1924-1943, spectacle toujours au répertoire de la compagnie vingt ans après sa création.
En 1999, s’ouvre la série de Dale recuerdos (je pense à vous) qui convoque la mémoire de personnes âgées. Trente épisodes ont vu le jour dans vingt-huit villes en France comme à l’étranger.
Didier Ruiz poursuit son travail de création autour de ces deux axes.
Il crée des spectacles avec acteurs comme Le Bal d’Amour ou la mise en pièce du fatras amoureux, L’Apéro polar 1, 2 et 3 (trois feuilletons théâtraux d’après La petite écuyère a cafté de Jean-Bernard Pouy, D’amour et dope fraîche de Caryl Ferey en Sophie Couronne et Des serpents au paradis de Alicia Gimenez Bartlett), La Guerre n’a pas un visage de femme – Fragments en 2008, d’après Svetlana Aleksievitch, Une Bérénice, d’après Racine, Fumer de Josep Maria Miró.
Il s’intéresse aussi à ceux qu’il appelle des « innocents » par opposition aux comédiens professionnels, qui témoignent de leur histoire et par là-même d’histoires collectives. Il crée W qui fait entendre la parole de travailleurs. En 2013, une commande de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, inaugure la série descomme possible, portrait poétique, réaliste et sensible de la jeunesse d’aujourd’hui. Le Grand T théâtre Loire-Atlantique invite Didier Ruiz à réunir une centaine de passionnés dans un Grand bazar des savoirs. En 2015, L’Hexagone scène nationale Arts Sciences Meylan lui commande de mettre en Lumière(s), onze chercheurs et scientifiques. En 2016, Une longue peine réunit quatre anciens détenus et la compagne de l’un d’eux.
Didier Ruiz travaille à un nouveau projet sur une autre forme d’enfermement, celle des personnes transsexuelles. TRANS (més enllà) verra le jour au Teatre Lliure à Barcelone en mai 2018.

– La pièce : Une longue peine

  • Mise en scène : Didier Ruiz 
  • Assisté de Mina de Suremain
  • Création lumière : Maurice Fouilhé
  • Création sonore : Adrien Cordier
  • Images : Adrien Cordier 
  • Avec André Boiron, Annette Foëx, Eric Jayat, Louis Perego

André, 74 ans, vit à Lyon, trente-cinq années de prison, libéré en décembre 2012 avec un bracelet électronique sur une période de deux mois suivie d’une libération conditionnelle jusqu’en juin 2014, auteur de T’en auras les reins brisés (EMCC, 2014).
Eric, 52 ans, vit en Lozère, dix-neuf années et cinq mois de détention.
Louis, 69 ans, vit dans la Loire, dix-huit années de prison, sorti de la maison centrale de Rioms, le 24 décembre 1994, a publié deux livres Retour à la case prison (Les éditions ouvrières, 1990), Vigilances lettres par-dessus les murs (Aléas, 1993) co-écrit avec Jean-Yves Loude et Le coup de grâce (L’Atelier, 1995).
Annette, compagne de Louis, vit dans la Loire, huit années de parloir.

Ils sont restés enfermés pendant de nombreuses années. Ils ont vécu dans un autre monde, une autre société, avec d’autres règles. Comment peut-on parler ensuite de ce voyage souvent honteux, souvent tu ?
Ceux que l’on nomme les « longues peines » peuvent nous faire part de cette étrange parenthèse avec leurs mots, leur poésie, leurs émotions. Une longue peine, comment ça se raconte ? C’est étrange, ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps.
Il y a ceux qui sont sortis mais il y a aussi celle qui a attendu dehors, la compagne, qui raconte son enfermement à elle. Comment tous ont été emportés par cet abime de la disparition, du passage à l’ombre.
Sortir du silence, donner à entendre, ouvrir des portes, des espaces d’échanges et de réflexion.
Le théâtre est le lieu de la parole. De toutes les paroles. Le théâtre est le lieu du partage. Partageons avec eux. Leur présence sur le plateau, leurs paroles qui résonnent vers les cintres, leur dignité qui illumine le public. Regardons-les en face. Regardons-nous.

 

Plus d’informations sur le site de La compagnie des Hommes

La compagnie des hommes.jpg

 

– Quelques articles et entretiens sur la pièce –

  • Une interview de Didier Ruiz pour Théâtrorama, à retrouver ici
  • Écoutez Didier Ruiz parler de la pièce dans le podcast de Laure Adler, L’Heure Bleue sur France Inter, ici, à partir de 37:10 minutes 
  • Un article du Huffington Post à lire ici 
    « Des récits bouleversants qui effacent les fautes, pour laisser apparaître la valeur et la résistance d’une vie. « 
  • Un article du Parisien à lire ici 
    « Pudiques et simples, les témoins parviennent à laisser le public accéder à leur intimité.« 
  • Un article de Libération à lire ici 
    « Le spectacle rédempteur milite, à sa manière directe, pour la dignité de la personne.« 

 


Photo à la une :
© Emilia Stéfani-Law

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :